Home Culture Reportage de Bledson Mathieu au sahel/Un journal burkinabé accuse Fraternité Matin d’avoir dit ‘’un conte de fées, loin de la réalité’’

Reportage de Bledson Mathieu au sahel/Un journal burkinabé accuse Fraternité Matin d’avoir dit ‘’un conte de fées, loin de la réalité’’

by nticfredy

Nous devons tous convenir que notre matière première, ce sont les faits, rappelle le Directeur général de Sidwaya, dans un courrier qui date du 05 mars 2019.

 A
Monsieur le Directeur Général
de Fraternité Matin
Côte d’Ivoire

Objet : observations sur le reportage réalisé par
le Journaliste Bledson Mathieu au Burkina Faso

Monsieur le Directeur Général,
Je viens très confraternellement et en vertu du partenariat exemplaire entre nos deux organes, faire quelques observations sur la relation des faits dans le reportage de Bledson Mathieu au Sahel burkinabè. Cette réaction nous paraît importante, au regard, entre autres, des nombreuses réactions que nous recevons des sources que nous avons contactées dans le cadre de la préparation du reportage et qui ont bien voulu nous parler malgré le contexte de méfiance et suspicion. Malheureusement, je n’ai pas d’autres mots, ce reportage romancé, nous semble plutôt proche d’un conte de fée à mille lieues de ce que l’équipe de reportage a réellement vécu sur le terrain. Je me garderais de toute interprétation de l’exploitation qui en a été fait par d’autres médias.

Mes observations portent sur :
– Le passage du reporter Bledson Mathieu dans l’émission « C’Midi» sur la RTI sous le titre : «Journaliste, j’ai réussi à Infiltrer les djihadistes au Burkina Faso ». Le
témoignage a été émaillé d’incohérences dont voici quelques-unes : Chevalier de l’Ordre du Mérite Burkinabè
– « c’est la première fois que je vais dans une zone sans contact » : je précise que nous avions déjà pris des contacts avec le correspondant de Sidwaya sur place,
Ousseni Tamboura, avec un autre journaliste local, Amadou Dicko et d’autres personnes ressources.
– « je me débrouille pour arriver à Djibo… », Sidwaya qui avait programmé cette sortie par les cars de transporteur en commun, a finalement décidé d’y aller avec un véhicule spécialement banalisé pour la circonstance à cause de la venue du journaliste de notre partenaire FratMat. Mais si cette précision enlève quelque chose à la constance, du reportage de Bledson, cela ne me gêne pas non plus.
– « J’ai rencontré toutes les forces en position » : seule la gendarmerie a accepté d’accueillir les journalistes de Sidwaya et de FratMat. A l’occasion, ils ont échangé
avec le commandant de brigade.
– « Il y avait une école primaire derrière l’hôtel qui a été attaquée» : l’école était à plus de 5 km de l’auberge, à la sortie nord de la ville. Aussi, c’est le bâtiment administratif de l’école qui a été détruit selon ce qui m’est revenu, car j’ai suivi, minute après, minute cette sortie étant conscient du danger que courrais nos
reporter sur le terrain.

Lire aussi  4e édition du N’zi festival de Dimbokro/Pour la valorisation des alliances interethniques

– « Tout ce qui était dans l’hôtel est tombé par terre » : L’équipe était dans la cour de l’auberge, lorsqu’elle a entendu la détonation. Aucun dégât dans l’auberge.
– « j’ai passé 10 jours à Djibo » : l’équipe a passé une seule nuit dans cette localité, l’ordre de mission visée en témoigne. L’équipe a repris la route le lendemain, en
passant par Kongoussi, Kaya pour rejoindre Dori.
– La « scène de l’aéroport » ressemble fort curieusement à une causerie entre un de la police aéroportuaire (de l’ethnie dagara) et le journaliste de Sidwaya (Siribié de l’ethnie goin de Banfora) parti accueillir Bledson Mathieu. Les deux sont des parents à plaisanterie entre lesquels, des invectives, des joutes oratoires et des paroles fleuries ont souvent lieu dans la fraternité. Cet échange a dû être mal interprété, de bonne foi, par Bledson Mathieu…
– « je vais rentrer dans cette zone en me faisant passer pour un berger. C’est pourquoi, vous voyez cette tenue » : L’équipe s’est rendue à Tongomael sans de telles précautions. Nous avions le contact d’un conseiller municipal qui nous a rassuré. La tenue en question a été achetée au marché de Dori et la photo prise à
l’auberge.

Lire aussi  Crimes contre les journalistes/Les pays ‘’en paix’’ plus meurtriers que ceux en guerre

– La scène avec les peulhs en compagnie des bœufs : En aucun moment, selon ce qui m’est revenu, l’équipe n’a eu ce genre de conversation avec des peulhs, ni suivi un troupeau de bœufs. Dans les villages, tous les entretiens ont été menés conjointement par les deux journalistes avec les mêmes témoins.
Je passe sous silence, les réactions qui nous sont parvenues de ceux-là même qui ont bien voulu témoigner sur leur quotidien et qui se retrouvent djihadistes.
Enfin, contacté par le RedChef de Sidwaya, puis par son « co-reporter » au Sahel, Bledson Mathieu a suggéré à ses interlocuteurs au bout du fil, de couper contact avec
lui, selon le compte rendu fait par la direction des rédactions. Permettez-moi de préciser, par ailleurs, que cette note n’a pas la prétention de polir une ou cacher une réalité quelconque, ou encore de donner des leçons. Nous devons tous convenir cependant que notre matière première, ce sont les faits.

Lire aussi  Agression de deux journalistes à Bloléquin et à Williamsville/ l’Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire exige des poursuites judiciaires contre les auteurs

Confraternellement.
Le Directeur Général des Editions Sidwaya

Mahamadi TIÊGNA

Tu pourrais aussi aimer

Laissez un commentaire